Une balade à vélo dans la plaine qui unit Damphreux, Bonfol et Cœuve peut revêtir un aspect exotique pour qui descend d’un plateau situé à 1000 mètres d’altitude.

Grisollements d’alouettes. Grande aigrette pointant des proies à la lisière d’un champ labouré. Et puis il y a cette tache blanche dans les buissons d’une haie basse. Découvrir à nouveau un plastique emporté par le vent ne décourage ni l’arrêt, ni la saisie des jumelles. Mais cette fois-ci, un blanc pur colore une poitrine que surmonte une tête grise au très élégant bandeau noir.


Après quelques minutes, la pie grièche grise (?!) nous offre ses très belles teintes d’avant l’arrivée de la couleur en quelques battements d’ailes qui l’emmènent au sommet d’un arbre fruitier. Elle y est bientôt rejointe par le jaune flamboyant d’un bruant.


Mais au retour, l’atlas nous apprend l’extinction de la pie grièche grise en Suisse depuis plusieurs années.

Alors, individu de passage ? Confusion d’observateurs amateurs ? Hallucination collective ?

Quoi qu’il en soit, rien ne vaut les doutes sur le chemin de l’humilité.


Benjamin Stebler